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Les images volées

Thierry Van Hasselt & Mylène Lauzon

104 pages — 21 × 26,5 cm
bichromie, couverture cartonnée
collection Amphigouri

ISBN 9782350650289
22 €
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Thierry Van Hasselt, sur Les Images volées

Komment et pourkoi est né votre projet ?

Il est né par hasard il y a une quinzaine d’années au moment où j’ai trouvé chez un brocanteur, quelques boîtes de gros scarabées épinglés. J’ai alors dessiné 2 planches d’un rêve d’une jeune fille où intervenaient ces insectes étranges et fantasmatiques.

A ce moment là je lisais le livre Les choses de Perec. Marqué par cette ambiance, j’ai repris ce personnage de jeune fille un peu niais et je lui ai flanqué un compagnon. L’image d’un couple bobo avant l’heure, s’est révélée. Banal et stéréotypé, ce couple est bien vite devenu un reflet en négatif de ce que je voulais être. Comme l’effroi de la banalité, le moule des convenances. Le piège à éviter.

J’avais créé mes deux bouc-émissaires, restait alors à les mettre à mal, à les malaxer, les essorer, les décomposer. Pour leur faire rendre leur sinistre normalité.

Kand et pourkoi a t-il pris cette Forme ?

Sous le titre Jean et Denise, ce projet à commencé à être publié en 1995 dans la première version de la revue Frigobox. Au départ je n’avais pas de scénario. J’improvisais. Et j’avais écris des dialogues sur les premiers chapitres. Les personnages parlaient et l’intrigue était beaucoup plus claire, beaucoup plus évidente.

Et puis, au fil de l’avancement, j’ai commencé à être écœuré par cette banalité, cette normalité, ça ne m’amusait plus. J’ai alors retiré tous les textes et j’ai relu le livre, rendu muet. Soudain quelque chose d’autre était à l’œuvre. On se sentait voyeur. Comme quand on observe ses voisins par la fenêtre, qu’il a l’air de se passer quelque chose, mais qu’on n’a pas le son. J’aimais cette sensation même si je ne trouvais pas le livre lisible et reçevable tel quel. Je pensais qu’il fallait un texte qui ne provienne plus des personnages vus, mais plutôt de la voix d’un voyeur. Une tierce personne qui nous accompagnerait dans notre lecture, dans notre acte de voyeurisme.

Il fallait un autre regard pour écrire ce texte. Quelqu’un d’extérieur, un nouveau voyeur. J’ai pensé à Mylène Lauzon, car d’abord j’apprécie beaucoup son travail mais surtout, l’ayant cotoyée sur d’autres projets, j’avais la conviction qu’elle pouvait produire cette voix qui allait laminer les images.

Kel est son Centre ?

Le cambriolage. Car c’est là que se passe la rencontre. Autant entre les personnages qu’entre les auteurs.

Kelles sont ses limites ?

Le noir d’une part, le blanc d’autre part…

K’en dites-vous ?

Ne vous fiez pas au dessin, c’est une bien vilaine histoire…

Selon vous, K’en dira-t-on ?

Brrrr.

Si votre projet était un Fruit ?

Un pamplemousse.

Si votre projet était une Fleur ?

Une drosera.

Si votre projet était une Maladie ?

Les oreillons.

Où en êtes-vous ?

J’ai bien cru devenir dingue pour finir ce livre. A chaque page qui me rapprochait de la fin il y avait chaque fois plus de cases… Je voyais l’arrivée reculer et vice versa… Je voyais un document qui pesait des gigabites et que les logiciels n’arrivaient plus à le traiter. Je voyais des corrections sans fin. J’ai plus de cheveux blancs et je suis au bord du nervous-breakdown. Heureusement demain je pars à Hiroshima. Je vais continuer à faire des bandes dessinées, mais d’abord j’aimerais faire un film ou une chorégraphie de full combat avec mon partenaire Richard Bawin (cf. Match de Catch à Vielsalm).

Selon vous, où en est-on ?

À la veille d’un tournant décisif. La bande dessinée s’amollit en accéléré, mais tapi dans un koin, le FRMK attend son heure…