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124 pages — 17 x 23,8 cm —
impression quadri — couverture cartonnée — 2 versions
collection Amphigouri

 

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ISBN 9782390220305
22 €

Ostende-Carnets

«Dans un appartement situé sur la digue, au quatrième étage, on peut voir : quatre femmes élégantes assises autour d’une table carrée. Elles sont habillées de façon sobre et classique, comme on pourrait l’être pour aller un dimanche à la messe. Devant chacune d’elle est posé un verre d’eau. Elles se sont retrouvées pour jouer ensemble. Debout sur la gauche, face contre le mur, immobile, un homme attend slip baissé à un bras de ces dames , plus concentrées semble-t-il par leur combinaison de cartes que par son derrière.»

Ostende Carnets est l’origine du livre paru quelques semaines plus tôt, la coulisse où le ballet se prépare, la planque reculée d’où l’on peut mieux observer, la palette où se mélangent les formes, les couleurs, les gestes des personnages et de leur créatrice. Des objets y mutent comme des êtres vivants, des humains évoluent, expérimentent en secret, se découvrent. Des idées naissent, changent, se fixent mais le plus souvent s’y refusent, avant de trouver leur place dans l’oeuvre finale, la série picturale narrative Ostende, que le carnet de Dominique éclaire d’un jour nouveau.

Pour nous, lecteurs et lectrices, le carnet en sera aussi l’aboutissement, la clé de lecture et le révélateur. En voyant ce qui, de la vie des personnages et du travail de l’autrice, n’était pas visible dans les peintures, on percevra ce que les personnages projettent entre les murs d’une grange ou derrière les rideaux. On en apprendra plus sur la majorette et ceux qui l’accompagnent, on y verra des corps ou des parties de corps – bustes, fesses, visages, mains – et l’on comprendra peut-être pourquoi Irène exhibe le sien sur les plages d'Ostende. Ou peut-être ne le comprendra-t-on pas. On verra, mais on sera libre de donner la suite que l’on veut à ces textes et à ces scènes ouvertes à l’interprétation.

On retournera le point de vue, pour voir enfin derrière. On verra les formes abstraites d’Ostende naître, fondre, se transformer jusqu’à devenir cristaux, roches molles, matière aux contours flous ou abrupts. On percevra des mouvements, des bruits sourdre paisiblement de l’espace vierge des pages d’un carnet, espace de liberté formelle absolue pour sa détentrice.

Plusieurs niveaux de lecture apparaîtront alors. On pourra observer ces changements comme des mouvements primaires que l’oeil reconstitue, récits sans objet quelque part entre l’animation et la séquence, ou chaînons manquants entre le figuratif et l’abstraction. On pourra voir des personnages en train d’être créés et de se créer eux-même une nouvelle identité, cachée, imperceptible mais pourtant bien présente sur les plages d’Ostende. On verra une artiste se chercher, chercher son propos et les techniques appropriées à celui-ci, et une oeuvre se construire par touches successives, du fourmillement de tentatives chaotiques et audacieuses à la sérénité qui fait la force d’Ostende. Et l’on fera, comme elle, des va-et-vient d’un livre à l’autre, d’un format à l’autre, repérant quelles techniques, quelles présences, quelles formes ont retenu son attention, tentant de comprendre ce qui se joue en chacun des êtres et des lieux représentés.