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118 pages — 21 × 26,5 cm
quadrichromie — couverture souple
collection Amphigouri

ISBN 9782930204314
25 €

Autoportrait du vampire d’en face (Lettres au maire de V., vol.2)

Le récit d’Alex Barbier raconte les quêtes de quelques personnages : un vampire, un certain professeur Apfelbaum, une jeune fille qui découvre l’amour et d’autres entités plus ou moins marquées et marquantes. On retrouve le retraité Ernest P. toujours à l’affût des mœurs de son voisinage. Mais le narrateur le plus intéressant est sans nul doute le professeur Apfelbaum qui s’occupe à une mise au point définitive sur la question passionnante du vampirisme.

Les fenêtres sont le lieu favori du vampire car ouvertes elles permettent d’entrer dans les chambres et d’en sortir une fois que la victime est vidée de son sang. Accessoirement la fenêtre est un perchoir idéal d’où le vampire peut observer sa proie et son forfait. L’histoire savante du vampirisme emmène le lecteur dans des paysages embrasés par le désir ou dans la vie intime d’une famille des classes moyennes.

Autoportrait du vampire d’en face est le second volet d’une trilogie, il devra donc être lu comme tel. Pour le moment toute lecture qu’on pourra en faire sera immanquablement partielle puisqu’il manque encore le troisième et dernier panneau du triptyque.
A première lecture, la couleur est l’élément qui frappe le regard, la gamme colorée semble s’être aussi bien ouverte qu’elle n’est en certains endroits contestée. La plupart du temps hostile au noir et blanc tranché, le dessinateur n’en intègre pas de plus en plus fermement le noir, la couverture témoigne superbement d’une telle rupture. Si le noir vient attaquer la couleur c’est d’abord parce que le récit lui-même met en jeu le duel le plus archaïque qui soit, la lumière et l’ombre, le jour et la nuit. Le vampire est l’emblème de la nuit et c’est à travers ce personnage sombre que Barbier met en scène le récit.
Au fil des pages, le lecteur rencontre une très fantaisiste leçon d’anatomie comme si l’auteur voulait lui révéler le fond du fond, les arrières fonds du monde de Barbier. Ainsi un ovale peut aussi bien devenir un œil-de-bœuf qu’une bouche ou un visage. Etre en métamorphose, le vampire est la personnification de ce jeu de formes. La manière d’Alex Barbier consiste in fine à maîtriser et à jouer des ambivalences, à entraîner le lecteur dans des paysages qui se jouent du sens. Se rapprocher le plus près possible de la folie et prendre le risque d’y sombrer.