116 pages — 24 x 24 cm —
impression bichromie - 2 tons noir - couverture cartonnée
Glandes
« Glandes raconte la découverte d’un monde étrange, fertile et mouvant, où des humanoïdes libidineux évoluent mollement à travers un paysage de pulpe et de poils. Cette expérience de lecture onirique, sensuelle et joyeuse, est guidée par une logique organique de glissement, d’absorption et de mutation.
Les dessins sont nourris de fantasmes, de peurs et de projections qui s’entortillent. J’y explore les frontières poreuses entre les êtres, les choses et les paysages, ainsi que le désir comme force de transformation. »
Sarah Kalvar
D’après d’anciens textes, la matière qui nous compose et l'usage récréatif que nous faisons de nos sens nous interdisent le bonheur sur Terre. Dans Glandes, récit mythologique de création et de fin du monde, des humanoïdes découvrent, tous les sens en éveil, un monde inconnu, consomment tout ce qui peut l’être avant qu’une catastrophe ne reconfigure tout. Sur une planète inconnue, Sarah Kalvar déroule une fresque écolo-hédoniste, un fantasme psychédélique d'érotisme interespèces...
Sarah Kalvar explore dans Glandes « l’hédonisme comme langage », la découverte de soi et du monde comme aventure. Elle imagine un eden cosmogonique de jouissance de tout avec tout, insouciant et libérateur, libéré des hybris et des peurs. À la fois récit d’aventure initiatique, fantaisie psychédélique et fable écolo-hédoniste, Glandes pollénise nos imaginaires, régénère gaiement notre rapport au vivant et à nous-mêmes.
Cette fresque bucolique porte une introspection sur nos désirs, sur la vision du monde dans laquelle on les inscrit, et sur ce qui fait qu’une chose est perçue comme érotique ou pas. Ce fantasme méditatif évoque aussi les limites du désir individuel dans le bien-être collectif, la perte du libre arbitre dans l’assouvissement de nos envies... et bien plus encore, tant l’ambiguïté de tout ce qui y est montré en foisonnements est singulièrement féconde.
Avec une justesse graphique philosophiquement stimulante, Sarah Kalvar trouve les points qui chatouillent nos sens et nos repères, binaires à bien des égards. La suggestivité et l’indétermination de toutes choses dessinées ici - astre ou têtard, pénis ou graine en germe - étonnamment érogènes ou vaguement inquiétantes, font de ce récit une aventure. Nous voulons explorer, jouir encore de cette exaltation inconnue, emmenés malgré nous comme les personnages...
Euphorisant, le texte qui coule ici nous aide à percevoir ce qui se joue à une échelle invisible, organique : échanges de fluides, sensations épidermiques, porosité existentielle et physique entre les choses...